FINANCE Paradis FIscaux LUXEMBOURG

Le Luxembourg, un paradis fiscal au cœur de l'Union Européenne
Comment le Luxembourg est devenu le coffre fort de l'Europe :
En 1928, le Luxembourg a décidé d'ouvrir un marché
financier et d'attirer les capitaux, à un moment où les
marchés étaient cloisonnés, grâce à
un régime fiscal favorable prévoyant une exonération
d'impôt sur les revenus et les plus-values des sociétés
: il s'agit du régime des sociétés holdings* de
la loi de 1929. Il devient une place attractive pour les investisseurs
venant principalement de France, de Belgique et d'Allemagne de l'ouest
au début des années 1980 en raison de la faible fiscalité,
de l'absence de prélèvement à la source sur les
intérêts et les dividendes, et du secret bancaire. *holding
: société de gestion d'actifs financiers
Aujourd'hui, le Luxembourg est le véritable coffre-fort de l'Europe
: 400 000 habitants, 215 banques, un revenu par habitant supérieur
de plus de 30% à celui de la France, et plus de 380 milliards
d'euros (soit 2 500 milliards de francs) de fonds gérés.
Un pays comme le Grand-Duché vit essentiellement de la finance,
d'un flot de capitaux déposés par les épargnants
belges, allemands ou français fuyant leur système national
de répartition de la richesse. Bref, une économie prospère,
qui s'est construite sur les garanties offertes à l'opacité.
Paradis fiscal, financier et judiciaire :
Un récent rapport de mission parlementaire sur la lutte contre
le blanchiment d'argent conclut que le Luxembourg offre les avantages
classiques des grandes places financières : faiblesse de fiscalité,
tolérance de formes juridiques assurant l'anonymat aux propriétaires
d'une société, secret bancaire, et coopération
judiciaire et policière insuffisante avec les pays étrangers,
l'ensemble permettant d'édifier le triptyque : « paradis
fiscal, paradis bancaire et financier, paradis judiciaire ». Au
total, 12 000 holdings sont basées au Luxembourg, dont de nombreuse
« coquilles vides, qui peuvent être contrôlées
environ une fois tous les soixante ans ».
Contrats d'assurance-vie souscrits à l'étranger
Les ressortissants de l'espace économique européen peuvent
librement souscrire des contrats d'assurance-vie auprès d'organismes
établis en Europe (contrats dits souscrits en « libre prestation
de services »).
Les assureurs luxembourgeois, très présents sur ce marché,
offrent des produits présentant parfois des spécificités
notamment quant aux actifs sous-jacents généralement considérés
comme particulièrement attractifs pour les résidents français
(sur ce sujet, on peut se reporter à l'ouvrage de Gérard
Klein : « Assurance-vie en LPS - l'assurance-vie luxembourgeoise
» Éditions F. Lefebvre 1998).
Au regard de la législation française, le souscripteur
d'un contrat d'assurance-vie à l'étranger doit d'une part
déclarer le transfert de fonds s'il est supérieur à
un certain montant et d'autre part déclarer le contrat lui-même
dans le cadre de sa déclaration sur le revenu .
La fiscalité du contrat étant celle du pays de résidence
du souscripteur, les souscripteurs domiciliés en France demeurent
imposables sur les produits perçus dans le cadre de ces contrats,
étant simplement précisé qu'ils ne peuvent pas
opter pour le prélèvement libératoire.