
1 800 € d’impôts sur vos loyers l’an dernier. C’est ce que m’a annoncé Julien, un propriétaire nantais, lors de notre premier échange. Son T3 meublé lui rapporte 950 € par mois, et il déclarait au micro-BIC depuis 18 mois. Quand je lui ai montré le calcul au régime réel, il a failli renverser son café. Zéro euro d’impôt. Pas 500 €. Zéro. La différence ? L’amortissement de son bien, qu’il ignorait totalement. Cette situation, je la rencontre chaque semaine.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou expert-comptable pour toute décision fiscale engageante.
L’essentiel de l’optimisation LMNP en 4 points
- Le régime réel bat le micro-BIC dans la grande majorité des cas grâce à l’amortissement
- Seuil de basculement : dès que charges réelles + amortissement dépassent 50 % de vos loyers
- Immatriculation INPI obligatoire avant la première déclaration (comptez 2 semaines)
- Économie constatée : 1 500 à 3 000 €/an pour un bien autour de 200 000 €
Ce que vous allez découvrir
Pourquoi vous payez trop d’impôts sur vos loyers meublés
Soyons clairs : la plupart des propriétaires bailleurs que j’accompagne découvrent tardivement qu’ils ont jeté de l’argent par les fenêtres. Pendant un an, deux ans, parfois cinq. Pas par négligence. Par méconnaissance d’un mécanisme comptable qui s’appelle l’amortissement.
77 700 €
Plafond de recettes annuelles pour bénéficier du micro-BIC en location meublée classique
Le micro-BIC, c’est le régime par défaut. Vous déclarez vos loyers, l’administration applique un abattement forfaitaire de 50 %, et vous payez des impôts sur le reste. Simple. Rapide. Et souvent coûteux. Pourquoi ? Parce que cet abattement de 50 % ne reflète jamais vos charges réelles. Encore moins la dépréciation de votre bien.

Je me souviens d’un propriétaire lyonnais, bien acheté 220 000 €, loyer de 900 €. Au micro-BIC, il déclarait 5 400 € de revenus imposables chaque année (10 800 € de loyers moins 50 %). Au régime réel, avec l’amortissement et ses charges, il affichait un déficit. Résultat ? Impôt sur ses loyers : zéro. Pendant dix ans minimum.
Imaginez cela comme une voiture : Le micro-BIC, c’est un forfait kilométrique. Vous roulez 5 000 km, on vous rembourse tant. Sauf que vous, vous faites 15 000 km par an avec une voiture qui se déprécie. Le régime réel, c’est le remboursement au réel : essence, assurance, entretien, ET la perte de valeur de votre véhicule.
Régime réel ou micro-BIC : le calcul qui tranche
Le choix du bon régime fiscal s’inscrit dans une stratégie plus large de moyens d’optimiser sa fiscalité immobilière. Mais concrètement, comment trancher pour votre situation ?
Micro-BIC : simple mais rarement optimal
Le micro-BIC séduit par sa simplicité. Vous reportez vos loyers sur votre déclaration de revenus, selon Service-Public.fr, et l’abattement de 50 % s’applique automatiquement. Pas de comptabilité, pas de liasse fiscale.
Ça tourne autour de 15 minutes par an. Le problème ? Cet abattement forfaitaire suppose que vos charges représentent 50 % de vos recettes. Dans les dossiers que je traite, c’est rarement le cas. Les charges réelles oscillent plutôt entre 20 et 35 %. Mais l’amortissement, lui, peut représenter 3 à 5 % de la valeur du bien chaque année.
Régime réel : le levier de l’amortissement
Le régime réel vous permet de déduire vos charges réelles : intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion, travaux d’entretien. Mais surtout, d’après impots.gouv.fr, il autorise l’amortissement comptable de votre bien immobilier et de son mobilier.
L’amortissement, c’est la reconnaissance fiscale que votre bien perd de la valeur avec le temps. Un appartement s’amortit généralement sur 25 à 40 ans selon ses composants. Le mobilier, sur 5 à 10 ans. Ces dotations aux amortissements viennent s’ajouter à vos charges déductibles.
Point technique crucial : L’amortissement ne peut pas créer de déficit fiscal. Il est plafonné à la différence entre vos loyers et vos autres charges. Mais la part non déduite se reporte sans limite de durée. Vous ne perdez jamais cet avantage.
Le seuil de basculement selon votre cas
Voici mon constat après des centaines de simulations : le régime réel devient intéressant dès que charges réelles + amortissement estimé dépassent 50 % de vos loyers annuels. Pour un bien de 200 000 €, l’amortissement seul représente déjà 4 000 à 6 000 € par an.
| Critère | Micro-BIC | Régime réel | Avantage |
|---|---|---|---|
| Calcul imposition | Abattement forfaitaire 50 % | Charges réelles déduites | Dépend du cas |
| Amortissement du bien | Non autorisé | Oui (25-40 ans) | Régime réel |
| Déduction charges | Forfaitaire uniquement | Intérêts, travaux, assurances… | Régime réel |
| Complexité | Déclaration simple | Liasse fiscale obligatoire | Micro-BIC |
| Coût gestion annuel | 0 € | 300-600 € (comptable/logiciel) | Micro-BIC |
| Report du déficit | Impossible | Sans limitation de durée | Régime réel |
Franchement, la complexité administrative ne devrait pas vous effrayer. Comptez 300 à 500 € par an pour un expert-comptable ou un logiciel spécialisé. Si l’économie d’impôt dépasse 1 500 €, le calcul est vite fait.
Quel régime choisir selon votre situation ?
-
Si charges + amortissement estimé dépassent 50 % des loyers :
Régime réel fortement recommandé. C’est le cas de la majorité des propriétaires que j’accompagne.
-
Si bien récent (moins de 5 ans) avec emprunt en cours :
Régime réel quasi systématiquement optimal. Les intérêts d’emprunt cumulés à l’amortissement explosent l’abattement forfaitaire.
-
Si bien ancien sans travaux ni emprunt :
Calculez précisément. Si l’amortissement seul dépasse l’abattement 50 %, passez au réel.
-
Si loyers inférieurs à 5 000 €/an et aucune envie de comptabilité :
Le micro-BIC reste acceptable. La simplicité peut primer sur l’optimisation.
L’amortissement LMNP : le mécanisme qui change tout

L’amortissement comptable, c’est ce qui fait basculer l’équation. Concrètement, vous déduisez chaque année une fraction de la valeur de votre bien. La structure du bâtiment s’amortit sur 25 à 40 ans. Les équipements (cuisine, salle de bain) sur 10 à 15 ans. Le mobilier sur 5 à 10 ans.
Attention, point technique : aux termes de l’article 39 C du CGI, la part d’amortissement déductible est plafonnée. Elle ne peut pas dépasser la différence entre vos loyers et vos autres charges. Si elle dépasse, l’excédent se reporte sur les années suivantes. Sans limite de durée.
Pour simplifier cette gestion comptable, des solutions spécialisées comme Nopillo pour le lmnp 2026 permettent d’automatiser la génération de la liasse fiscale et le suivi des amortissements.
Sophie, de 1 200 € d’impôts à 0 € : le calcul détaillé
J’ai accompagné Sophie l’an dernier. Cadre RH, 42 ans, propriétaire d’un T2 meublé à Lyon acheté 180 000 €. Loyer mensuel : 850 €, soit 10 200 € par an.
Situation au micro-BIC (avant) :
- Loyers annuels : 10 200 €
- Abattement forfaitaire 50 % : – 5 100 €
- Revenus imposables : 5 100 €
- Impôt (TMI 30 % + prélèvements sociaux 17,2 %) : environ 1 200 €/an
Situation au régime réel (après) :
- Loyers annuels : 10 200 €
- Charges réelles (taxe foncière, assurance, gestion) : – 2 100 €
- Intérêts d’emprunt : – 1 500 €
- Amortissement immeuble (hors terrain) : – 4 800 €
- Amortissement mobilier : – 1 200 €
- Résultat fiscal : 600 € (amortissement plafonné)
- Impôt : environ 280 €, mais déficit reportable créé
Économie annuelle : plus de 900 € dès la première année, et un stock d’amortissements reportables pour les années suivantes.
Ce que Sophie ne savait pas : le terrain n’est pas amortissable. Il représente généralement 15 à 25 % de la valeur du bien. Cette ventilation est obligatoire et doit être justifiable. Dans les zones urbaines tendues, je recommande de retenir 20 % pour le terrain.
Les 5 erreurs qui plombent votre déclaration LMNP
Dans mon accompagnement de propriétaires LMNP, je constate régulièrement les mêmes erreurs. Certaines coûtent cher. D’autres bloquent tout simplement la déclaration.

Erreur n°1 : oublier l’immatriculation INPI
Vous devez obtenir un numéro SIRET avant votre première déclaration. Sans lui, impossible de télédéclarer. Le délai ? Comptez 1 à 2 semaines. Chaque année, je vois des propriétaires découvrir cette obligation en mai, alors que la déclaration est due. Pénalités de retard garanties.
Erreur n°2 : confondre date d’achat et date de mise en location. L’amortissement démarre à la mise en location, pas à l’acquisition. Si vous avez acheté en janvier mais loué en septembre, vous perdez 8 mois d’amortissement sur la première année.
Erreur n°3 : amortir le terrain. Je l’ai vu plus d’une fois. Le terrain n’est pas amortissable, tel qu’indiqué par le ministère de l’Économie. Si vous l’incluez dans votre base amortissable, vous vous exposez à un redressement.
Erreur n°4 : ne pas conserver les justificatifs. Chaque charge déduite doit être prouvée. Factures, relevés bancaires, quittances. Conservez tout pendant au moins 6 ans. L’administration peut contrôler.
Erreur n°5 : choisir le micro-BIC par défaut sans calculer. Beaucoup de propriétaires restent au micro-BIC parce que « c’est plus simple ». Sans jamais comparer. Sur 10 ans, la différence peut dépasser 15 000 €.
Votre vérification déclaration LMNP sans erreur
-
Immatriculation INPI effectuée et numéro SIRET reçu -
Choix du régime fiscal notifié dans les délais -
Ventilation terrain/construction documentée -
Tableau d’amortissement par composant établi -
Justificatifs de charges classés et conservés
Vos questions sur la fiscalité LMNP
Puis-je passer du micro-BIC au régime réel en cours d’année ?
Non, le changement s’applique pour l’année fiscale entière. Vous devez notifier votre choix avant le 1er février de l’année concernée (ou lors de votre première déclaration). Une fois le régime réel choisi, il s’applique pour deux ans minimum.
L’amortissement LMNP est-il rattrapé à la revente ?
Non, c’est l’un des avantages majeurs du statut LMNP. La plus-value à la revente reste soumise au régime des particuliers, calculée sur le prix d’achat initial (pas sur la valeur nette comptable). Les amortissements déduits ne sont pas réintégrés. Ce point change si vous passez en LMP.
Dois-je obligatoirement prendre un expert-comptable au régime réel ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Vous pouvez utiliser un logiciel comptable spécialisé LMNP qui génère automatiquement la liasse fiscale. Comptez 300 à 500 € par an. Un expert-comptable coûte 500 à 800 € mais apporte une sécurité supplémentaire et un interlocuteur en cas de contrôle.
Que se passe-t-il si mes recettes dépassent le plafond micro-BIC ?
Au-delà de 77 700 € de recettes annuelles, vous basculez automatiquement au régime réel. Mais ce n’est pas le seul seuil à surveiller : si vos recettes dépassent 23 000 € ET sont supérieures à vos autres revenus professionnels, vous passez en LMP (loueur meublé professionnel) avec des conséquences différentes.
Puis-je cumuler LMNP et déficit foncier sur un autre bien ?
Les deux régimes sont distincts. Le déficit LMNP (régime BIC) ne s’impute que sur les revenus de même nature. Il ne réduit pas vos revenus fonciers d’une location nue, ni votre revenu global. En revanche, vous pouvez parfaitement détenir un bien en location nue (revenus fonciers) et un autre en LMNP (BIC).
Pour approfondir votre réflexion patrimoniale au-delà de la fiscalité LMNP, découvrez les stratégies d’investissement locatif durable.
La prochaine étape pour vous
Ce que je dis toujours aux propriétaires qui hésitent : faites le calcul. Prenez 30 minutes, posez vos chiffres, et comparez. La valeur de votre bien, vos loyers annuels, vos charges réelles, une estimation de l’amortissement. Dans la grande majorité des cas que j’accompagne, le régime réel l’emporte.
Votre plan d’action immédiat
-
Cette semaine : calculez votre base amortissable (valeur bien – terrain estimé 20 %) -
Comparez : abattement 50 % vs charges réelles + amortissement annuel -
Si le réel gagne : lancez votre immatriculation INPI dès maintenant
L’optimisation fiscale LMNP n’est pas réservée aux experts ou aux gros patrimoines. C’est un droit. Et chaque année où vous restez au micro-BIC sans avoir vérifié, c’est potentiellement 1 000 à 3 000 € qui partent aux impôts au lieu de rester dans votre poche.
Précisions fiscales et limites de ce guide
- Ce guide ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé adapté à votre situation patrimoniale
- Les seuils, plafonds et règles mentionnés sont ceux en vigueur en 2025 et peuvent évoluer
- Chaque situation locative nécessite une analyse spécifique (meublé tourisme, colocation, résidence services font l’objet de règles différentes)
- Les simulations présentées sont des exemples types qui peuvent varier selon vos charges réelles
Consultez un expert-comptable spécialisé LMNP ou un conseiller fiscal pour toute décision engageante.